La conjuration des fainéants
ISBN : 978-2843623899
Biographie de l'auteur
Résumé de l'éditeur :
En l'an 656, un prince mérovingien de six ans, Dagobert, petit fils du grand roi Dagobert Ier, est enlevé et envoyé en Irlande. Nombreux sont ceux qui tirent profit de cette éviction: Chimnechild, riche et puissante reine d'Austrasie; Bathilde, ancienne esclave qui règne sur la Neustrie voisine; Didon, évêque de Poitiers, cupide et séducteur; Ultan, hédoniste abbé des Fosses, et puis surtout la descendance de Pépin de Landen, maire du palais d' Austrasie, ancêtre des Carolingiens qui, un siècle plus tard, prendront le pouvoir. Dans l'entourage de Dagobert, les complots s'ourdissent. Happé dans ce tourbillon de convoitises, le jeune prince parviendra-t-il à reconquérir le pouvoir qui lui appartient?
Résumé :
Le rôle de Saint-Feuillen dans le complot des Pépinides ...
Tout le monde, à Fosses-la-Ville, connaît l'histoire de Feuillen, ce moine irlandais qui a fondé la ville vers l'an 650. En fait, quand Feuillen arrive sur le continent, il est accueilli à Péronne (Somme) par Erchinoald, maire du palais du royaume de Neustrie. Pour des raisons inconnues, il quitte Péronne pour se rendre à Nivelles. Là, Gertrude de Nivelles, sœur de Grimoald, maire du palais du royaume d'Austrasie, lui fait don d'un territoire ... royal: le domaine de Fosses. Feuillen devient aussi conseiller de Gertrude.
Gertrude et Grimoald sont des enfants de Pépin l'Ancien de Landen et d'Itte Idoberge, qui a fondé l'abbaye de Nivelles. En 655, Feuillen, après avoir rendu visite à Gertrude à Nivelles, est tué par des brigands, dans les bois du Roeulx. On ne sait pas exactement s'il se rendait alors à Péronne, ou s'il rentrait à Fosses, pour retrouver son frère Ultán, à qui il a laissé la charge de sa communauté religieuse.
Tout cela nous est raconté par l'Additamentum Niuialense de Fuilano, au caractère hagiographique, et donc, par nature, excessivement élogieux.
Par ailleurs, nous connaissons aussi la rivalité qui anime les royaumes d'Austrasie et de Neustrie. De plus, là, l'ambition des maires du palais, à l'époque des rois dits fainéants, est évidemment de prendre tout le pouvoir et de fonder leur propre dynastie royale. Les coups d'état sont des moyens envisagés à cet égard. Pépin le Bref - descendant de Grimoald - y arrive d'ailleurs, quand il dépose le dernier roi mérovingien, Childéric III. Mais, n'en doutons pas, Grimoald rêve déjà de la couronne royale.
Dans un premier temps, le coup d'état ne semble pas nécessaire. En effet, le roi d'Austrasie, Sigebert III, n'a pas d'enfant. A l'instigation de Grimoald, il accepte en 651 d'adopter comme successeur, le fils de Grimoald, qu'il rebaptise Childebert. Pas de chance pour Grimoald, en 652, la reine, Chimnechilde, met alors au monde un fils, nommé Dagobert. "Caramba, encore raté !" aurait dit un autre ... Mais, qu'à cela ne tienne, le roi charge Grimoald d'éduquer ce petit Dagobert. À la mort de Sigebert, en 656, Grimoald confie l'enfant à Didon, évêque de Poitiers, qui envoie le jeune prince en Irlande. Le fils de Grimoald, Childebert l'Adopté, monte alors sur le trône austrasien. Tout est donc bien pour le clan Grimoald ...
Comme dans toutes les bonnes histoires, il y a d'autres rebondissements. Ils ne nous intéressent pas ici, puisque, à ce moment, Feuillen est déjà mort. De plus, il reste quelques incertitudes au sujet de cette histoire. Et, quelques historiens remettent en cause quelques aspects de ce scénario.
Certains historiens et archéologues imaginent que Feuillen a eu, sans pouvoir le préciser, un rôle dans le complot ourdi par Grimoald, pour s'emparer du trône d'Austrasie. En particulier, ils imaginent que Feuillen aurait pu être l'objet d'un assassinat politique, alors qu'il se rendait à Péronne, dans le royaume concurrent de Neustrie. A ce stade, nous entrons dans les spéculations. Néanmoins, elles semblent plus plausibles, par maints aspects, que l'hagiographie de Saint-Feuillen. Et, il est regrettable que, à Fosses-la-Ville, on méconnaisse et néglige cette vue de l'histoire de Feuillen, qui n'est pourtant pas incompatible, pour les croyants, avec la vie sainte de Feuillen. Considérer l'assassinat de Feuillen comme résultant d'un attentat politique est suffisamment intéressant que pour être enfoui dans les plis confortables des thèses convenues.
Une médiéviste belge, Nathalie Stalmans, s'est servie de la base avérée de cette histoire pour écrire un roman, "Le complot des fainéants", en comblant les vides de l'histoire - ce que nous ne connaissons pas - par des éléments vraisemblables. Cela n'en reste pas moins un roman, avec donc une part imaginée. Je ne peux que recommander la lecture de ce roman.
