Carte de la marche de l’armée du Roy : commentaire
Textes situés sous la carte, en ancien français
ORDRE que l’armée a observé dans sa marche. Lorsqu’elle part du camp de Vignamont le 18 aoust pour aller jusques au camp de Courtroy du côter de Morselle.
Les ennemis après avoir demeuré longtemps de l’autre coter de la Gette, entre Tirlemont et Loo, ayant toutes leurs cavaleries cantonnées dans les village derrière eux, partir le 23 juillet pour venir camper la droite a Taviers sur la Mehaigne, et la gauche tiran vers Jodogne, ayant St André derrière et Ramilly devant eux, le même jour l’armée de Monsieur décampa du camp d’Horlle et vint camper à Signamont la gauche au château de Fumal sur la Mehaigne et la droite à Vertenne. Les ennemis prétendoient par la obloigé Monseigneur à décamper le premier et à repasser la Meuse, d’autant qu’il était difficile qu’il put dans la Mehainge pour aller gagner la Sambre auprès de Templou et de Soye sans en désavantage considérable, à cause des ruisseaux et des ravinnes qu’il faut passer pour gagner cette rivière. Et qu’Eux en étant plus à portée que nous auroient pu facilement nous attaquer dans la marche telle partie de notre armée qu’ils auroient voulu. Mais comme Monseigneur avoint consomé une partie des fourrages du camp qu’ils occupaient lorsque l’armée passa pour aller a St Tron, étant persuadé qu’ils ne pouroient pas subsister aussy longtemps qu’ils le pourroit faire à Vignamont, Y ayant tous les fourrage qui sont entre Vignamont et Liège et tous ceux d’audela de la Meuse en tirant vers Liege. Il resta dans son camp pour les obliger a décamper les premiers et enfin après avoir fait beaucoup souffrir leur cavalerie et fait consommé les fourrage qu’ils avoient ammasés à Louvain et perdu beaucoup de chevaux par nos partis, ils ont été obligé le 18 aoust de décamper. Monseigneur qui depuis quelques jours avoit des nouvelles presque certaines du départ des ennemis differoit tant qu’il pouvoit d’envoyer l’armée au fourrage de peur que les ennemis venant à décamper, il ne put partir le même jour, mais enfin après avoir attendu trois ou quatre jours et ne pouvant se dispenser d’y envoyer, il le fit le 18. Toute l’aile droite et tous les chevaux de l’infanterie de l’artillerie et des vivres y allerent du coter de Liège, on eut (avin, NDL) de leur marche sur les neuf heures du matin. Monseigneur fit tirer le canon pour avertir les fourrageurs de revenir mais le grand vent qu’il fesoint fut cause qu’une partie ne l’entendit pas, cependant vers midy Monseigneur fit mettre toute l’infanterie en marche d’ont beaucoup de soldats estoient allés au « herbée » et toute l’aile gauche de cavalerie, l’artillerie se mit en marche sur les cinq heures du soir et la quoy qu’il luy manquit beaucoup de chevaux qui n’etoient pas revenus. M° le maréchal de Villeroy avec toute l’aile droite fut obligée de demeurer encore dans le camps la nuit du 18 au 19. Jusque a ce que généralement tous les bagages ussent passé la mehaigne cette même nuit du 18 au 19. L’aile gauche de cavalerie avec la tête de l’infanterie, arriverent à Dansois ; Monseigneur qui ne partit de Vignamont qu’entre cinq et six heures du soir, et comme il fesoit fort obscure et une grande pluye, il fut obligé de coucher sur la paye dans un château qui s’apelle Furnemont au petit jour il continua sa marche a Dansois ou il joignit la test de l’armée qui fesoit alte pour attendre les trainers qui estoient en grand nombre a cause de la surprise du départ. M° de Luxembourg s’avanca avec trois mille, passa a Rine et vint sur la hauteur en deca du M’Azy. D’où il vit le camp des ennemis qui avoient leur droite a Marbaix et la gauche a Sombref, il l’envoyan dire à Monseigneur, qui aussitost se mit en marche avec l’armée et vint passer à trois ponts que l’on avoit fait entre la Falise et Rine pour se rendre sur la bort de la Sambre.
Monseigneur après avoir reconnu des ennemis, fit camper l’aile gauche au tour du village de Templous et toute l’infanterie dans le fonds auprès du château de Soye l’aile droite qui arriva de Vignamont sur les 4 heures après midy, campa autour du village de Souarlée, a la réserve de la maison du Roy, qui le même jour passa la Sambre au gué de Floreff et campa au pied de cette abbaye avec M. le M. Villeroy, durant le reste du jour et la nuit, on travailla à faire des pons, on en fit 4 entre le château de soye et Frenier. Le 20 à la pointe du jour, toute l’infanterie remplit les 4 ponts et monta dans la plaine de Fosse fut suivie de l’aile gauche pour l’aile droite elle passa au gué de Floreffe et a celui de Florifron, l’artillerie et les bagages en partant de Vignamont prirent le grand chemin qui va d’Huy à Namur par Gerbize, les menus bagages joingnirent l’armée le 20 dans la pleine de fosse ; les suivirent toujours l’artillerie qui après avoir traversé Namur prit le chemin de Philippeville, ensuite celuy de Monbeuge, de Valenciennee , de Tournay, ayant ordre de camper ou elle voudrai et de faire le plus de dilligence qu’il luy seroit possible. En trois heures toute l’armée eut passé la Sambre, les ennemis qui voyoient notre camp comme nous voyons le leur, après avoir séjourné le 19, marchèrent le 20 et vinrent camper à Nivelles et arguenne. L’armée étant campée dans la plaine de Fosse Monseigneur alla prendre son quartier à Sarastache ou la brigade des gardes vint camper, la maison du Roy vint camper au village de Presle près de Sarastache ; l’infanterie fut partagée dans les villages de Bieme, Metez, Bossiers et Groo ; L’aile droite de cavalerie fut mise dans les villages de Roux et Gognies, l’aile gauche fut mise à Foz et Vitrivaux. Trente escadrons furent détachés pour alleu plus vite que l’armée et joindre en Flandre le corps de M° de Lavalette et vinrent camper le camper le même jour à Tarsienne et à la Bérée, ou M° le maréchal de Villeroy prit son quartier à dessein de prendre le devant pour la Flandre. Le 21 Monseigneur partit de Sarastache avec M° de Luxembourg et vient coucher à Mons, il prit 300 chevaux de la maison du Roy avec les Mousquetaires pour les escorter et M° le maréchal de Boufflers vint à Solre sur Sambre pour faire marcher l’armée le même jour ; Les trentes escadrons détachés pour la Flandre qui avoient couché à Tarsienne vinrent camper à Marpinte et M° le maréchal de Villeroy s’en alla à Tournay, la maison du Roy vint camper à Solre sur Sambre, la brigade des gardes vinrent de Sarastache à Gonze près de Thuin, l’aile gauche vint de Fosse et de Vitrivaux à Thuny et Donstienne ; L’aile droite et l’infanterie séjournèrent dans leur quartiers. Les ennemis dans le même jour, vinrent camper de Nivelle à Soignies, leur droite à Neuville et leur gauche à Naste. Le 22 Monseigneur séjourneront à Mons. Les trente escadrons qui auroient couché à Marpinte allèrent au-delà de Condé, la maison du Roy vint de Solre sur Sambre à Framerie, la brigade des garde de Gonzé vint à Freigny, l’aile gauche à Thully et Donstienne vint au Queny, l’aile droite de Roux et Gognies vint à Bieme sous Thuin et aux Esfontaine sur la Sambre, toute l’infanterie vint de Bieme, Metez, Bossiers, Groo, au Fostiau et à la Bussiere. M° de Villeroy avec les 7 bataillons et le 20 escadrons de M° de la Valette et les 20 que M° de Lamotte avoit amené de Maubauge ou il estoit demeuré devant les derniers jours du camps de Vignamont, vint camper entre le petit ruisseau D’auterive et celuy Davilghem, les ennemis vinrent camper dans la plaine de Cambron, la droite à Tongre Notre Dame (Ou Longre, NDL) et la Gauche à Lense. Le 23 Monseigneur partit de Mons pour aller à Tournai, M° de Luxembourg prit le devant en Chaisse de poste pour s’y rendre avant que de partir M° voyant la grande diligence que faisoient les ennemis et étant persuadé qu’a moins qu’en faire une extraordinaire, ils le devanceroient à l’Escaut, ce qui l’obligeroit de vivre dans le pais du Roy, écrivit à M° le Prince de Conty qui commandoit l’infanterie que les ennemis decampoient de Tongre Notre Dame et marchoient droit à l’Escaut et que sans l’infanterie il auroit peine à leur diputer le passage, c’est pourquoi au lieu de suivre le premier odre qu’il luy avoit donner de venir camper à Genly (Gendy NDL) et Noirein, il luy envoyoit cely de venir a Varme pres Bossu, ou il avoit donné les ordres qu’il y eu de la biere et du pain pour les sodats, et que la il choisit tous les grenadiers et les soldats les mieux enjambés et de meilleur volonté avec tous les officiers et les drapeaux pour les faire marcher le plus vite qu’il se pourroit à Tournay.
M° le prince de Conty exécuta cet ordre et donna à chaque brigadier cely de marcheu à sa commodité avec sa brigade et de faire des haltes ou il jugeroit à propos et se mit en marche avec la teste.
L’infanterie après avoir fait une halte de trois heures a hauteur de Vaine (Vamme NDL) et laissé toutes leurs tentes et leurs sacs avec quelques soldats qui ne pouvoient soutenir cette marche presque tous ayant voulu suivre arriva à Condé le 24 au matin ou tous les soldats eurent encore de la bierre et de l’eau de vie et après avoir fait une halte, l’infanterie poursuivit sa marche et arriva le d. jour 24 a Tournay au soir durant une grosse pluye. La brigade des gardes vint le 23 de Feigny (F ou P ou S, NDL) à Condé, ou elle fut embarquée jusques Tournay. Pendant que l’infanterie marchoit toujours, la maison du Roy partit de Framerie le même jour pour aller à Notre Dame au Bois dans Liste (Lisle, NDL)de Saint-Amand, l’aile gauche eu ordre de M° le duc du Maine de partir de Quevy et vint faire une halte de trois heures en a Ensies et Montreil et ensuite se rendit à l’entrée de la nuit Notre Dame au Bois, tous les régiments de dragons prirent les devans et se rendirent a Tournay cette meme nuit du 23 au 24 que Monseigneur coucha, il savancerent la meme nuit a Espierres. L’aile droite au ordre de M° Le duc qui etoit partie le 23 de Bienne et des Esfontaines sur la Sambre vint camper a Bossu et Carignon et les trente escadrons détachés de Condé se rendirent le 23 au soir a Espierres. Le même jour 23 les ennemis vinrent camper a Frane et hacquegnies sur la Rone. Le 24 Monseigneur partit de Tournay, prit le chemin d’Espierres pour aller à Bossu sur l’Escaut. Les trente escadrons détachés avec tous les dragons marchèrent devant luy, la maison du Roy et l’aile gauche se suivoient lorsqu’il fut au dela de Bossu vers les 10 heures du matin, on jetta les yeux sur la plaine de Folle (Solle NDL) pour y découvrir et un moment après on vit paroitre une teste qui venoit de Chelles droit sur font a laye ; il y avoit dans a plaine apeuprés 20 mille hommes et le reste de l’armée ennemie resta a Chelle, cet test (lesle NDL) poussa quelques détachemens sur le bord de l’Escaut et mit huit pieces de canon en batterie a l’embouchure de la Laye pour y faire des ponts. Y ayant conduit des pontons, dès que Monseigneur eut connu leur dessein, il fit marcher les 7 bataillons de M° de Lavalette qui estoit campé près d’Auterive et en mit une partie au château l’autre a l’Eglise d’auterive, qui estoient les endrois les plus près de cely ou les ennemis vouloient faire leur ponts et d’où il etoit plus facile de les incommodé ; outre cela Monseigneur avoit fait partir la nuit 20 pieces de canon de Tournay livrés par les chevaux du pais qu’il fit mettre auprès du château et de l’église pour empecher la construction des ponts, il ordonna a la cavalerie de faire des facines et de les porter pour faire des batteries, l’infanterie pendant ce temps-là se retranchoit autour du château et de l’Eglise et les gardes Francoises et Suisses arriverent a midi avec le régiment Royal italien, a qui on avoit prendre le devant. Les ennemis de leur coté faisoit des batteries et leur cavaleries portoit la fascine, leur canon tira devant le nôtre et jusques a la nuit il le fit assés foiblement, surtout quand le notre eu commencé ne croyant pas que nous en pussions avoir, ni que ce fut notre armée, croyant seulement avoir affaire au corps de M° de la Valette, et en effet M° de Virtemberg qui avoit détaché de leur armée avec 18 bataillon et 4000 chevaux des le camp de Marbais d’où il avoit pris le chemin de Halle, de Ninove, Doudenarde, passa l’Escaut le 24 et savanca la nuit du 24 au 25 jusques auprès de Kerkouc, ou M° de Thian qui venoit de Gand avec 4 ou 5 mille hommes le devoit joindre a dessin d’attaquer M° de la Valette a Avelghem ; mais étant arrivé la nuit a Kirkouc et ayant apris que nôtre armée êtoit a Auterive, il se retira sur le champ et repassa l’Escaut a Oudenarde. Pendant que Monseigneur empechoit les Ennemis de faire leurs ponts, l’aile droite de cavalerie vint a Bossu, a Carignon auprès des fierres (tierres NDL), la nuit du 24 au 25, ce qui avoit joint Monseigneur campa entre Auterive et Bossu faisant a l’Escaut et la teste des Ennemis qui avoit paru campa vis-a-vis, le 25 des qu’il fut jour il tirerent quelques coups de canon, le nôtre leur répondit et quelques temps après ils se retirent du bord de l’Escaut et se tirent dans la plaine, il nous ont tué huit soldats et blessé 25. Enfin sur les 10 ou 11 heures on les vit s’allonger et prendre le chemin de la Rone, une partie de leurs colonnes passerent cette riviere entre Pont a Rone et Amongis laissant le mont de Lenehe et Quermont a leur droite, ils s’ etendirent le long de l’Escaut tirant vers Oudenarde et camperent le long de cette riviere depuis la Rone jusques a Oudenarde au village de Berkem et de Melden, comme cette marche étoit fort pres de l’Escaut, Monseigneur fit avancer du canon vis-à-vis l’Eglise D’Escanaffe lequel dennoit dans leurs colonnes. Monseigneur sejourna le 25 et l’infanterie étoit arrivée de Tournay et arrivée du matin fut cantonnée dans les villages autour d’Otignies et Despierres. Le 26 au matin Monseigneur alla voir le camp des ennemis ; Après avoir reconnu d’où l’on pouvoit les canonner, il fit mener 20 pièces de canon auprès de Narmade et les canonner pendant 1 heure, ce qui les obligea de retirer leurs chevaux et détendre le quartier le plus exposé, après quoi il revint a Bossu et fit marcher l’armée et toute l’artillerie qui estoit arrivée la veille a 9 heures du matin a Espierres pour camper sur plusieurs lignes entre harlebeck et Courtray. Ce même jour les Ennemis séjournerent a Berkem le 27 ils passerent l’Escaut a Oudenarde a l’Abbaye d’Enam et s’étendirent de l’Escaut a la Lys, leur droite étant vers Olsen et Maklen passant par Cruxhautem retombant a Heycek et Moreghem près d’Oudenarde. Le quartier de M° le Prince d’orange etoit a Heycek et celuy de M° de Baviere a Cruxhautem, M° de Thian êtoit auprès de Deinse avec son petit corps, leur armée n’étant pas campée régulierement a cause de la difficulté. Le 27 l’armée de Monseigneur a séjourné, le 28 Aout elle a passé la Lys et elle est campée la droite a Courtray et la Gauche a Morselle ; M° de la Valette avec le corps qu’il commande étoit campé a d’Ottignie.
